Un monde sans fous? Documentaire [Video]

Un monde sans fous? Documentaire [Video]

“Un monde sans fous?”  Documentaire

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“Les documentaires capables en une heure de faire le tour d’une question de société sont rares, et il faut saluer le film de Philippe Borel qui réussit à aborder de façon exhaustive la prise en charge de la maladie mentale en France.

Un monde sans fous interroge des thérapeutes, des malades, des familles, des associations pour dresser un panorama global des structures de prise en charge des personnes présentant des troubles mentaux, de l’hôpital psychiatrique aux équipes mobiles de rue, des centres médico-psychologiques en milieu ouvert au milieu carcéral.”

Camille Lancelevée, « Philippe Borrel, Un monde sans fous ? », Lectures

http://lectures.revues.org/1046

“Un monde sans fous?” Documentaire – Aix le 24 Mars 2012

2011 “Habiter avec la psychose”: soirée-débat Entrego

2011 “Habiter avec la psychose”: soirée-débat Entrego

Soirée-débat organisée par l’association Entrego, en partenariat avec l’Unafam-antenne d’Arles,  sur la thématique:

“Habiter avec la psychose”

Cette soirée a pour objet de sensibiliser les familles et les professionnels à l’accompagnement des personnes souffrant de handicap psychique.

Le mardi 29 Novembre 2011 à partir de 18 H à la Maison de la Vie associative Bd des Lices  à Arles

Cette soirée est organisée par l’association Entrego.

Cette association affiliée à l’Unafam-13  a pour objet l’insertion et la réinsertion des personnes handicapées psychiques. Elle gère des appartements associatifs pour ces personnes à Arles. http://entrego.unblog.fr/

 

2011:Portes ouvertes à la délégation

2011:Portes ouvertes à la délégation

Dans le cadre de la SISM 2011


 Portes Ouvertes le mardi 22 Mars 2011

au siège de la délégation

pour une rencontre amicale autour d’une collation avec les responsables de la délégation 13 de l’Unafam, le SAVS et le GEM «Parenthèses» d’Espoir-Provence.

Marie-Odile Meyer et son équipe ont présenté les activités de l’Unafam; tandis que Madame André directrice du SAVS Espoir-Provence expliquait les missions du SAVS.

 

 

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Au bureau départemental de l’Unafam, le mardi 22 Mars

 

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2010 : Colloque : Protéger et préparer l’avenir

2010 : Colloque : Protéger et préparer l’avenir

“Handicap psychique : protéger et préparer l’avenir. Curatelles, tutelles, assurances, patrimoine…” C’est le thème de la conférence débat organisée par la délégation 13 de l’Unafam (Union Nationale des amis et familles de personnes malades et handicapées psychiques) samedi 6 mars de 14h à 17h, centre le Mistral, 11, impasse Camille Flammarion à Marseille (1er arr.).

Un juge des tutelles au tribunal d’instance d’Aix, le directeur des services sociaux à l’Udaf, la gérante de tutelles à l’hôpital Valvert, un notaire et la présidente de l’Unafam 13 répondront aux questions du public.

 

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source: http://www.laprovence.com/actu/sante-en-direct/une-conference-debat-sur-le-handicap-psychique

2010 : SISM

2010 : SISM

 

Folies et médias: où est la dangerosité ?

Qui sont les victimes?

SISM 2010

Colloque 16 et 17 mars 2010 à Marseille

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Interventions Unafam 13 :

Familles: «La double crainte, peur pour eux, peur d’eux»

Enquête sur la stigmatisation de nos proches

 

 

Familles: «La double crainte, peur pour eux, peur d’eux»

Sous ce titre volontairement provocateur, nous recenserons d’abord les peurs, les craintes que nous les familles avons pour nos proches:

«Peur de la maladie et peur de la psychiatrie
Peur du suicide; de la vulnérabilité particulière des patients; des disparitions, des fugues; craintes pour la santé somatique.
Peur du regard de la société; peur de la peur.
Les familles sont elles-mêmes la cible de la stigmatisation qui frappe à la fois la maladie, les patients et les soignants, tant l’image qu’en véhicule la société est négative. Conséquences: l’isolement, l’éloignement des amis, et même de la famille. Le tabou, vis-à-vis de notre milieu de travail, de nos connaissances.
Nous supportons mal, par exemple, que les reportages télé concernant les soins en santé mentale, se focalisent sur les UMD, qui sont, faut-il le rappeler des unités de soins pour malades difficiles et non pas dangereux, avec les retombées prévisibles au sein de la population dite ordinaire. Nous avons peur de la modification du statut de la personne qui souffre de troubles psychiques. Nous craignons bien sûr, comme les professionnels la prévalence du souci de l’ordre public, sur le code de santé publique.
Peur de l’Avenir devant les menaces qui pèsent sur les institutions de santé mentale. Qu’est devenu, ou même que deviendra le soin en extra hospitalier, ? Que sont devenues, et que deviendront la politique et la philosophie du secteur qui étaient celles de la prévention et du soin de proximité ? Et enfin que va faire la société de nos enfants, quand nous ne serons plus là pour veiller sur eux ?

L’autre crainte, peur d’eux… sujet tabou, et pourtant…
Avant toute chose, il faut comprendre que cet « autre » dont il est question, cet « étranger », pour nous est un des « nôtres », que, s’il est difficile déjà, d’admettre, qu’on puisse avoir peur d’un conjoint, il est encore plus difficile de reconnaître qu’on a peur d’un enfant.
Les familles souvent, partagent le quotidien des patients, et souvent un quotidien difficile: c’est la solitude et le face à face avec le patient, qui sont néfastes.
La famille doit pouvoir se tenir à la bonne distance, ni trop près, ni trop loin, et c’est un équilibre difficile à tenir, s’il n’y a pas un étayage suffisant ailleurs.
La plus grande autonomie possible du patient par rapport à sa famille est salutaire, nous en sommes convaincues; mais disposons-nous des conditions de ce possible ?

Ce qui génère le sentiment d’insécurité dans les familles, autant pour le patient que pour ses proches, c’est la situation de non soin. C’est la non-intervention à domicile de professionnels spécialisés en cas de crise, et le seul recours à l’HDT, l’Hospitalisation à la Demande d’un Tiers. Cette procédure est certainement vécue comme une violence par le patient. Mais c’est aussi une violence pour la famille.
Trop de patients, sont rendus trop vite, par l’hôpital, suivant les cas, soit à la rue, soit à leurs familles; c’est ce que certains d’entre nous appellent « l’externement abusif ». Il existe aussi des levées de HO judiciaires sans cadre soignant organisé, sans qu’on se soucie si le patient a un entourage concerné (famille, enfants).

Les Attentes des Familles , ce qu’on aimerait voir changer :
D’abord, la fin de la disparité des pratiques. Il ne s’agit pas de toucher à la liberté des pratiques soignantes; mais, à écouter les familles, nous constatons une trop grande disparité de ces pratiques.
L’aide à la gestion de la « crise ». Toutes les maladies ont droit à la réponse à l’urgence. Nous soutenons bien sûr l’équipe mobile des Drs Bouloudnine et Naudin , mais elle n’a pas les moyens nécessaires pour intervenir dans tous les arrondissements.
Actuellement, nous sommes en train de travailler avec le SAMU, et cette équipe mobile. Les responsables seraient d’accord pour que le SAMU intervienne sur la situation de crise à condition d’être assistés par un psychiatre d’astreinte.
L’accès aux soins et la continuité des soins bien sûr.
Parmi nos attentes, il y a enfin, ce que nous appelons l’Alliance Thérapeutique. La stabilisation réelle d’un patient demande beaucoup de temps et de moyens humains.Il faut que la famille soit considérée, reçue, conseillée par les soignants, qu’elle puisse les consulter.
Nous avons besoin que la situation de l’entourage du patient, soit prise en compte: le cas fréquent des patients dépendant au quotidien de parents très âgés ou ayant eux-mêmes des enfants. Nous avons aussi besoin que les médecins psychiatres s’en inquiètent; qu’ils se préoccupent de ces enfants exposés, pour qu’ils ne restent pas « Les enfants oubliés », selon le titre du récent congrès qui leur était consacré à Vilnius, par l’EUFAMI.
Avant tout, nous voudrions, quitter  la rubrique des Faits Divers , et au moins d’une façon symbolique, accéder à celle des faits de société.

« Le passage à l’acte »
Quelle réalité recouvre ce terme employé comme un terme médical? Un point de non retour dans la psychose? ou  le fruit d’un concours de mauvaises circonstances: une hospitalisation différée, une mauvaise appréciation des signes avant-coureurs… ?
Quelle prévention pour éviter que le destin de certaines familles ne bascule?
Dire que ces événements sont très minoritaires, ne peut soulager personne. Même minoritaires, il n’en reste pas moins que ces événements dramatiques existent, et peuvent se produire essentiellement en cas de rupture de soins.
Cette peur de la «catastrophe» est très souvent exprimée lors des accueils de familles à l’UNAFAM, lors de nos groupes de parole, et nous sommes aussi témoins de récits de « catastrophes » hélas, avérées.
Les familles vivent souvent dans la peur, à la fois pour leur proche qui se met en danger, et pour elles-mêmes, quand elles sont confrontées à l’expression violente du mal être du patient en rupture de soins, quand elles sont confrontées au délire, quand elles en sont l’objet, ou le sujet.
Elles ont peur quand elles ne sentent pas ou plus, le patient à l’abri, et qu’elles-mêmes ne se sentent pas ou plus à l’abri.
Nous refusons le terme de malades «dangereux», ce sont les situations qui sont dangereuses.
Nous avons besoin de sentir que nous, les familles, nous sommes reconnues comme étant en premier lieu exposées, concernées  par ces sujets extrêmes.
Nous parlons de prévention et de soins, cependant, conscients d’être pris dans un paradoxe, nous sommes perplexes et voulons rester très vigilants au sujet des projets de lois qui se préparent, concernant la santé mentale, en particulier les nouvelles dispositions annoncées sur les hospitalisations et les suivis sans consentement.
Nous ne voulons pas d’une psychiatrie sécuritaire mais nous avons besoin d’une Psychiatrie qui protège, et qui soigne.

Les familles doivent avoir la possibilité de s’exprimer sur cette question, sinon c’est la presse qui en parlera à leur place. Tous, nous refusons les «Unes» des journaux, sur «Le schizophrène dangereux». Mais, nous ne voulons plus courir le risque de retrouver notre vie à la « Une » de ces mêmes journaux.»
Marie-Odile Meyer    Martine Houlier

Unafam 13

 

 

Enquête sur la stigmatisation de nos proches

 

A la suite d’un certain nombre d’ « affaires » impliquant des malades psychiques et très largement médiatisées  l’UNAFAM-13 a réalisé une enquête auprès de ses adhérents sur le thème de la stigmatisation des malades psychiques dans la société d’aujourd’hui.

Le but de cette enquête ouverte était double : savoir d’une part si les familles ressentent une progression de cette stigmatisation, essayer de comprendre d’autre part, en cas de réponse positive, comment les familles expliquent cette progression . Nous présentons les premiers résultats de cette enquête en remerciant très chaleureusement tous ceux qui ont accepté d’y participer.


« Intolérable » et « Injuste » sont les deux qualificatifs les plus souvent cités à propos de la stigmatisation des malades psychiques: mais assez pessimistes, 25,5% des participants la jugent inéluctable dans une société de plus en plus sécuritaire.

Premier enseignement: à une écrasante majorité (83%), la stigmatisation des malades psychiques est ressentie en progression et pour tous (100%), c’est un facteur de discrimination. Le risque majeur de cette stigmatisation, c’est une intégration de plus en plus difficile dans la société (57,5%) et un amalgame maladie psychique-criminalité (35%). L’aggravation de la maladie est aussi citée comme risque.

Pourquoi les malades psychiques sont-ils  de plus en plus stigmatisés ?

Ils sont considérés comme dangereux pour la société ou violents ou des criminels potentiels: ce  sont les réponses les plus citées (82%) ; le coût social ou économique excessif pour la société est peu retenu.

Quel est le terme le plus facteur de stigmatisation?

Schizophrénie (69%), puis malade psychiatrique (21%). Malade psychique ou psychose semblent plus acceptables: ces termes ne sont cités respectivement que 2 et 1 fois.

Qui est responsable de cette stigmatisation croissante ?

Plus de la moitié (54,5%) mettent en avant le rôle des médias; mais discours sécuritaire, pouvoir politique et certains propos du président de la République sont aussi très fortement tenus pour responsables.

Comment faire évoluer les choses?

Pour 82 % des participants à l’enquête il faut en priorité mieux faire connaître la maladie psychique pour que celle-ci soit mieux acceptée par la société; les médias ont un rôle à jouer par des émissions impliquant malades, familles et professionnels de santé (69%), par le refus d’amalgame entre maladie psychique et criminalité (61,5%), par des campagnes d’information (59%). On leur demande aussi d’éviter de privilégier les informations impliquant des malades psychiques (25,5%).*
*Plusieurs réponses étaient possibles.

Et nous aussi les familles, en ne nous cachant pas, en acceptant de parler sans tabous, d’expliquer à ceux qui nous entourent, nous avons certainement notre rôle à jouer dans cette évolution.

Jean-Marie Saïssy

Unafam 13



 

Folies et médias: où est la dangerosité? qui sont les victimes?

Psychiatres, élus, familles, usagers 

Colloque 16 et 17 mars 2010 – 8h30 à 17h

Lieu :
Bibliothèque L’Alcazar
58 cours Belsunce
13001 Marseille

Organisateur : ARPSYDEMIO

Renseignements :
Stéphane benzazia
tél : 04 91 50 36 13
Fax : 04 91 50 31 32
email : arpsydemio@numericable.fr

2009 : SISM

2009 : SISM

Pourquoi ne pas considérer cette dimension de créativité inhérente aux troubles psychiques,  puisque, le sujet a affaire à une autre dimension de l’esprit humain.
Plutôt que de regarder cette expérience de vie seulement comme une altération de l’esprit, n’est-il pas possible de l’envisager aussi comme une faculté particulière pour atteindre cette liberté ?
Alors, peut-être que les productions  délirantes  elles mêmes, méritent d’être considérées  comme actes créateurs.
Bien sûr, quand il est envahissant, le délire est effrayant,  parce que la personne est hors d’atteinte. La parole alors, se précipite, mais laisse entrevoir des éclairs de sens ; le mécanisme est impénétrable, et c’est comme si la communication ne pouvait se faire que « d’esprit à esprit ».
Je voudrais parler aussi de cette sorte de clairvoyance particulière, d’intuitions étonnantes sur les êtres, les autres, de pressentiments, malgré le désordre apparent du raisonnement, comme si s’inventait, se créait un autre mode de pensée.
Certaines convictions, peuvent apparaître à l’évidence erronées, mais d’autres, sont comme une grille de lecture du monde, et par là rejoignent les questionnements et convictions mystiques ou philosophiques qui par nature ne sont pas contestables.
Le délire, n’est il pas la seule façon d’échapper au néant, d’échapper à la désagrégation psychique, à la perte de soi ?
Est-ce que l’ attachement à certaines structures délirantes qui persistent à « mezza voce », même lors de ce qu’on appelle la « stabilisation », n’est pas une sorte d’automédication, une façon de prendre soin de soi, littéralement, de se préserver, de sauvegarder le « je » ?
 
Je n’ai envie de rien – JE NEANT VIDE RIEN
 
Confrontés aux familles de malades, il est une phrase qui revient souvent : « Il / elle ne fait RIEN »
Et ce mot de RIEN fait écho en moi à une phrase qui m’a touchée profondément. Cette phrase, c’est un graffiti, un simple graffiti auquel je me suis heurtée, alors que ma fille était plongée dans une dépression massive, qu’elle était couchée sans aucun ressort avec comme leitmotiv un banal « Je n’ai envie de rien » qui superposé à ce:     « JE NEANT VIDE RIEN » a pris sens.
J’ai reçu l’expression  comme une gifle, tant l’équation ma fille = coquille vide s’est imposée à mon esprit de façon insupportable.
Ce vide, apparent, ce manque d’occupations, cette absence aux autres, ce ressassement sur soi perpétuel sont évoqués de façon récurrente  par les  familles comme une véritable souffrance pour elles: «Il /elle ne fait RIEN » « Il/elle reste enfermé ds sa chambre » et cela alors qu’il s’agit de jeunes adultes qui sont à un âge  auquel la société toute entière présuppose un bouillonnement d’énergie.
Ma fille certes « ne faisait RIEN », mais ces semaines, ces mois d’une vacuité que nous son entourage trouvions terrifiante, étaient pleins d’une vie psychique que nous ne pouvions pas, et que nous ne pouvons d’ailleurs toujours  pas soupçonner, à peine maintenant effleurer.
Et d’ailleurs, pendant longtemps, nous  n’avons vu émerger  que les aspects négatifs de la maladie : TS, automutilations, anorexie qui paradoxalement étaient autant de tentatives pour EXISTER.
Je la cite : « La souffrance, c’est pouvoir dire J’EXISTE. La douleur ne délivre pas de tous nos maux. Mais tant que l’on ressent quelque chose, tant que l’on ressent un peu de douleur, alors on existe un peu. »
Ce n’est que beaucoup plus tard, grâce à la psychothérapie qu’elle a pu trouver  les mots  et transformer ce qu’elle ressentait, ce qu’elle vivait, ce qui habitait son esprit  en poèmes et textes, plus tard encore qu’elle a pu ordonner ses écrits, puis nous les faire lire  et même nous dévoiler  ces créations délirantes de l’esprit qui venaient combler le vide ressenti.
L’écriture d’abord comme nécessité vitale, (quelque chose au lieu du rien, du vide), puis comme thérapie assumée, comme mise à distance de son histoire et enfin moyen de communication avec les autres. Mouvement donc de soi vers les autres.
 
Esprit à l’œuvre
 
J’ai entendu des parents parler de cette perception de ce travail continuel de la pensée, presque palpable, de cette sensation de côtoyer un esprit en « surchauffe ».
Personnellement, j’ai toujours senti  qu’il y avait dans les productions délirantes. orales ou écrites de ma fille une recherche de sens,  un travail d’organisation de la pensée même dans la dissociation.
Pour comprendre où elle était, pour savoir dans quel monde elle était passée, j’ai toujours essayé d’écouter son discours, d’y  prendre des repères, surtout pour ne pas la perdre, pour toujours trouver un chemin jusqu’à elle.  
Les repères quelquefois viennent de l’histoire partagée, de l’histoire familiale, mais même revisitée, déformée, remaniée, l’histoire est comme redonnée avec des évidences symboliques.
Même si souvent le mur est impénétrable, j’ai  continué à chercher des clés, avec le sentiment qu’il y avait l’élaboration d’un autre langage, une autre symbolique,  une construction, mouvante parfois, mais un vrai travail de création ou de re-création.
J’ai senti une façon de créer, de jouer avec le langage, une aptitude à utiliser une langue poétique,  métaphorique, avec  souvent des raccourcis saisissants qui tombent à pic, comme une compréhension immédiate des êtres et des situations, souvent avec beaucoup d’humour.
J’ai senti tout cela à l’écoute de ma fille, mais pas seulement auprès d’elle.  J’ai eu ce même sentiment lors de rencontres même brèves avec des patients hospitalisés  en même temps qu’elle et maintenant lors d’échanges avec des personnes de son entourage ayant eu un parcours similaire.
Je suis sensible à cette façon directe, intuitive d’entrer en contact avec l’autre, d’ignorer les masques sociaux, je le ressens comme une autre façon de négocier les relations,  au plus vrai de l’humain peut-être.
Et là aussi je crois, il y a, de la créativité.
 
Nous avons abordé le sujet des productions en groupe de parole de parents, et les témoignages se rejoignent pour la majorité d’entre eux.  
 

Certains patients se tournent vers la musique, d’autres vers les arts plastiques, mais l’écriture apparaît comme un territoire privilégié, comme si le travail sur le langage était un accompagnement nécessaire. Beaucoup expriment le désir de faire lire, voire de publier. D’autres témoignages de parents  disent qu’en périodes de crise, écriture, dessin ou peinture, musique deviennent chez nos enfants les seuls moyens d’expression à leur portée, leur permettant d’exprimer ce qui ne fait pas surface autrement. Cela les apaise, relâche les tensions et violences.
C’est ce que pense une mère qui nous a aussi écrit :
« Je pense qu’il faudrait aider nos enfants à mettre en valeur leurs talents  pour leur montrer à eux-mêmes et  aussi à la société qu’ils peuvent être autre chose que des « boulets »  ou des meurtriers et qu’ils peuvent apporter leur pierre à la culture collective »

Ma  fille a souvent pratiqué une forme d’écriture presqu’automatique qui s’exacerbe d’ailleurs  en période de crise, surtout la nuit. Et maintenant, période de stabilisation, elle retrouve avec surprise dans ses carnets ou son ordinateur des textes qu’elle n’a pas souvenir d’avoir écrits. Elle trouve –nous aussi-  ces textes métaphoriques très beaux ; mais  se rend compte que dès qu’elle va mieux, elle n’a plus accès à ce « monde intérieur » particulier qui lui fait écrire ce type de textes.

« Il faut  faire le deuil de l’enfant
que vous auriez pu avoir »

Peut être, faut il prendre le contre-pied de cette phrase, lue ou entendue par beaucoup d’entre nous,  de cet avertissement qui s’adresse à nous, parents de malades psychiques, souvent en même temps que nous acceptons tout juste d’apprendre que ce qui concerne notre enfant est de l’ordre d’une pathologie.

Comment  et pourquoi faire le deuil d’un futur hypothétique ? Peut-être devons nous, ne pas nous polariser, sur ce qu’ils semblent avoir perdu. Peut être devons nous ne plus être en souffrance avec l’idée d’un déficit mais comprendre ce qu’ils ont gagné de « différent », en quelque sorte les redécouvrir. Ne pas accepter qu’ils soient loin de nous, loin des autres, comme ils nous paraissent souvent loin d’eux-mêmes.

Martine Houlier et Marie-Françoise Pillard

Unafam 13