Prise en charge en situation de crise: recherchons témoignages.

Suite au constat de non prise en charge, ou de prise en charge inappropriée de nos proches en situation de crise, l’UNAFAM PACA souhaite rassembler des témoignages de ces situations douloureuses, pour en informer l’Agence Régionale de Santé et œuvrer à exiger des prises en charges mieux adaptées.

Si vous aussi, ou vos proches, avez connu des évènements indésirables et traversé ces épreuves, vous pouvez nous transmettre vos témoignages en les anonymisant ou pas, selon votre souhait.
Toutes les informations transmises seront traitées dans le respect de la confidentialité des données à caractère personnel, du secret médical et professionnel, les données personnelles seront protégées selon la loi en vigueur.

Il est nécessaire que vos récits soient relativement récents, concis, factuels, datés, ne mettant pas nommément de personne en cause. Notre seul objectif est d’améliorer la prise en charge de nos proches et de démontrer l’importance de la prise en compte de la parole et du rôle des familles.

Vous trouverez ci-joint un exemple de témoignage déjà recueilli par l’UNAFAM.

Nous avons conscience de la difficulté de cette tâche, vos expériences et votre participation sont essentiels pour que l’UNAFAM puisse agir pour une meilleure prise en charge de ceux que nous accompagnons au jour le jour.

Nous vous remercions vivement de l’intérêt et du soutien que vous portez à notre démarche. Les bénévoles Unafam13

Témoignages à adresser à 13@unafam.org

ou UNAFAM, Délégation 13 – 28 rue Bérard – 13005 Marseille

Témoignage d’H.:

Docteur,

Je tiens à vous informer du déroulement de la situation suite à votre appel m’informant que mon fils ne s’était pas présenté au rdv du vendredi 5 avril à 11h30.

Connaissant cette période critique pour lui, inquiète de son état et ne pouvant le joindre par téléphone ou messagerie depuis la veille, je suis allée au commissariat pour faire une déclaration de disparition inquiétante, j’ai appris qu’il avait été expulsé du jardin du planétarium à 13h par la police. La police a pu le joindre et lui demander de me contacter, ce qu’il a fait. Il est venu chez moi vers 18h30

J’ai constaté les signes déjà évoqués dans les différents mails échangés celui du 25 février et ceux du 3 avril, ainsi que celui de son médecin généraliste: mutisme, gestes désordonnés et incontrôlables, yeux révulsés et perte de contact, éclats de rires inappropriés. Je lui ai proposé de l’accompagner aux urgences psychiatriques ce qu’il a refusé n’ayant pas conscience de son état. Je me suis résolue à appeler le 15 vers 21h.

Quand les pompiers sont arrivés, mon fils était à la fenêtre de sa chambre en train de fumer. Les pompiers ont sans doute pensé qu’il tentait de sauter et l’ont plaqué au sol à 3 ou 4. Il s’est alors violemment débattu ne comprenant pas ce qui lui arrivait. Le Samu est arrivé à la demande des pompiers pour gérer la situation. Il a ensuite été évacué, hurlant, emballé dans la civière, vers les urgences de la Timone vers 22h30. Je suis très choquée par cette intervention très violente, tous les voisins de l’immeuble ont accouru et peuvent en témoigner.

Je regrette d’avoir sollicité cette aide qui s’est avérée inadaptée, disproportionnée et dégradante. Mon fils n’est pas un délinquant, il souffre simplement de troubles psychiques. C’est dramatique d’en arriver là. Cette expérience douloureuse ne va pas l’aider à aller de manière sereine vers le soin. Vers 1h du matin j’ai eu un échange avec le Médecin responsable des urgences pour donner quelques informations le concernant, et vers 2h avec les deux médecins psychiatres d’astreinte, m’obligeant à faire une demande de soins sans consentement.

Je tenais à vous informer de cette situation douloureuse pour lui et pour moi qui suis seule pour faire face et ce, malgré nos différents échanges de mail et appel au secours du 3 avril pour une intervention plus adaptée et moins violente, mais vendredi soir, il était trop tard. Je souhaite, si mon fils revient dans votre service à la suite de cet évènement, toute votre vigilance par rapport au traumatisme subit, et que, après la stabilisation du traitement qui sera mis en place, on puisse l’orienter, en douceur, vers des soins de suite à l’hospitalisation.

Je compte sur votre compréhension et je souhaite vivement que des évènements inutilement traumatisants et indésirables de ce type ne se reproduisent plus, ni pour lui, ni pour d’autres.

Bien cordialement.