Réhabilitation psychosociale: l’accompagnement par un Psychologue

L’accompagnement par un psychologue

dans une démarche de réhabilitation psychosociale

Nina Gaubert , Psychologue Neuropsychologue Marseille

nina.gaubert@gmail.com

 

L’accompagnement des personnes en situation de handicap lié à un trouble psychique nécessite une approche pluridisciplinaire. Le suivi par un psychologue se met en place à la demande de la personne accompagnée et vient répondre à un besoin en termes de réalisation sociale et personnelle. Le travail du psychologue s’articule autour du projet de vie et se fait en étroite collaboration avec l’ensemble des aidants professionnels et familiaux. Dans une démarche de réhabilitation psychosociale l’objectif est de « faciliter le retour à un niveau optimal de fonctionnement autonome dans la communauté ». Cette approche met l’accent sur l’intégrité et les forces de l’individu plutôt que sur sa maladie et propose un accompagnement global incluant la réadaptation au travail, le logement, les loisirs, les relations sociales, la vie affective et l’épanouissement personnel. Dans ce cadre, voici quelques outils qui peuvent être utilisés par les psychologues:

  • L’éducation thérapeutique permet d’accompagner la personne dans l’acquisition et le maintien des compétences nécessaires à une meilleure gestion de sa maladie, et plus particulièrement à la réduction du handicap lié à celle-ci. L’objectif est d’apprendre à reconnaître et gérer les symptômes et leurs conséquences, aménager sa vie de sorte à ce que la maladie ait le moins d’impact possible et repérer les signes précurseurs de rechute afin de mettre en place un plan d’action en cas de difficulté. Cette nouvelle approche accorde une place centrale au patient en tant qu’acteur de sa santé. Les interventions comprennent un volet pédagogique (transmission d’information), un volet psychologique (accompagnement et soutien émotionnel) et un volet comportemental (apprentissage d’habiletés pour gérer sa maladie et sa vie personnelle).

  • La prise en charge des troubles cognitifs, inhérents à certains troubles psychiques, fait également partie de l’accompagnement proposé. Ces troubles peuvent entrainer des difficultés à gérer un certain nombre d’activité de la vie quotidienne, avec une incidence majeure en termes d’autonomie. Par exemple, il peut être difficile de préparer un repas si on a des difficultés à planifier les différentes actions. Les techniques de remédiation cognitive ont pour objectifs d’améliorer les fonctions cognitives déficitaires et d’optimiser les fonctions préservées par la mise en place de stratégies de compensation (par exemple, prévoir une alerte sur le téléphone pour le rappel de la prise de médicaments). Les exercices sont fait de sorte à favoriser le transfert des acquis à des situations de la vie courante.

  • De manière plus générale, on peut accompagner la personne à développer des habiletés de gestion des différents domaines de la vie de tous les jours : gérer son budget, son temps, prendre soin de sa santé, de sa présentation, développer sa vie sociale et affective, entretenir son logement…. L’idée étant de travailler de manière très concrète sur les activités du quotidien. Les capacités de communication et la gestion des relations interpersonnelles, souvent problématiques, peuvent également être travaillées via les techniques d’entrainement aux habiletés sociales.

  • Les thérapies reposant sur le modèle cognitivo-comportemental et émotionnel ont montré leur efficacité quant à la gestion de certains symptômes. Dans cette perspective, le problème est analysé « ici et maintenant » et les objectifs et moyens à mettre en œuvre sont fixés avec la personne dans une démarche collaborative et structurée. En fonction de la problématique, on peut travailler sur l’apprentissage de comportements plus adaptés, construire de nouvelles façons de penser plus réalistes ou encore travailler sur la régulation et l’acceptation des états émotionnels. L’objectif poursuivi n’est pas une réduction des symptômes en soi, mais une réduction de leur impact sur la qualité de vie. L’approche psychothérapeutique cible également divers aspects potentiellement affectés par l’expérience du trouble psychique : conséquences sur l’estime de soi, sur les rapports familiaux et amicaux, stigmatisation, devenir socio-professionnel, rôle dans la société etc…

Le choix des techniques à appliquer se fait en fonction des besoins et demandes spécifiques de chaque personne et du stade d’acceptation des troubles. Elles s’intègrent dans un projet d’accompagnement global. L’objectif est de réduire les conséquences sociales et affectives de la maladie, de permettre à la personne accompagnée d’avoir les mêmes chances que tout un chacun de réaliser ses projets. Si cet accompagnement peut se faire de manière ponctuelle en fonction d’un besoin précis, il implique de la part du psychologue un engagement sur le long cours auprès de la personne accompagnée et son entourage.